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La préparation du travail des points architecturaux particuliers
Le cadre théorique de la préparation du travail
Définition des points particuliers architecturaux
Analyse des éléments d’anticipation
Le cadre théorique de la préparation du travail
Il s’agit de mettre en place des réunions de préparation du travail avec les équipes de compagnons concernant les situations critiques futures probables en termes de sécurité et de conditions de travail.
Les réunions de préparation du travail sont préparées, programmées et inscrites dans le planning du chantier par le conducteur de travaux et le chef de chantier lors de la phase de préparation du chantier.
En cours de chantier, le conducteur de travaux, le chef de chantier et les compagnons vont mener une réflexion approfondie sur l’activité future possible, sur la nécessaire transformation des modes opératoires, du matériel pour tenir compte des facteurs spécifiques de la situation. C’est également l’occasion de réinvestir les savoir et les savoir-faire produits et mis en œuvre dans le cadre des expériences antérieures.
(Cf. rapport PCA Etudes et expérimentations Chantier 2000 La préparation du travail 1997)
La préparation du travail a déjà fait l’objet d’une première expérimentation au sein de l’entreprise Quille sur le chantier du quartier Saint-Jean à Beauvais en 1995.
Définition des points particuliers architecturaux sur le chantier de la rue Le Mattre
Sur le chantier de la rue Le Mattre, la préparation du travail présente un double objectif. Elle doit permettre au conducteur de travaux, au chef de chantier et au chef d’équipe de :
Présenter aux compagnons les particularités architecturales de l’ouvrage nécessitant des modes opératoires spécifiques et conduisant à des situations de travail à risque ;
Réactualiser le chantier, de faire une remise en situation pour ceux qui se sont absentés plusieurs jours dans le cadre de leur période de repos.
Sont définis alors comme particularités architecturales :
Les garde-corps arrondis présents à chaque niveau et sur les deux bâtiments de logements collectifs ;
Les pointes qui constituent un problème de sécurité compte-tenu de la hauteur à laquelle le personnel travaille.
Le premier garde-corps arrondi est posé en l’absence des ergonomes. La préparation du travail pour les garde-corps est effectuée de façon "traditionnelle". Trente minutes avant la pose, le chef de chantier s’entretient avec le compagnon polyvalent pour lui présenter le travail. Il effectue la pose du garde-corps avec un jeune apprenti. Ils réaliseront par la suite la pose des autres garde-corps arrondis.
Un des ergonomes assiste à la réalisation d’une pointe en béton sur l’un des bâtiments le 7 septembre 2000.
Analyse des éléments d’anticipation par le chef de chantier et les compagnons dans le cadre de leurs activités respectives
Dans le cadre de leurs activités respectives, le chef de chantier et les compagnons prennent en compte des éléments d’anticipation autrement que suivant le cadre théorique de la préparation du travail. Il s’agit d’une préparation partielle qui présente du point de vue des ergonomes des zones de risque. Elle se fonde sur l’expérience des acteurs du chantier. Mais comment faire lorsque l’expérience ne suffit plus ? Nous observons lors de la réalisation d’une des pointes que les dysfonctionnements apparaissent alors essentiellement à ces moments de "rupture".
Les méthodes sont choisies par le conducteur de travaux et le chef de chantier. Ils évaluent ensemble les risques potentiels et les moyens nécessaires. Ils réalisent les schémas et décrivent les modes opératoires correspondants pour le PPSPS.
Par la suite, le chef de chantier effectue des schémas de travail plus détaillés pour l’équipe de compagnons chargée de la réalisation des pointes.
Pour effectuer les pointes des bâtiments, il faut faire un chaînage horizontal et vertical. Il est impératif également de placer des tire-pousse pour réaliser l’étaiement de celles-ci.
Lorsque le chef de chantier effectue le schéma de travail, il réalise deux types de contrôle :
Un contrôle des plans afin de déceler des erreurs éventuelles des plans d’exécution en coupe du BET ;
Un contrôle du travail des compagnons pour avoir en mémoire la partie de l’ouvrage concernée.
Il présente aux compagnons les schémas de travail la veille ou le jour même en fonction du temps dont ils disposent. Il précise également la durée de réalisation totale des pointes (deux jours par pointe).
Lors de nos observations le 7 septembre 2000, nous notons différents incidents qui valident le caractère partiel de la préparation du travail lorsqu’elle est effectuée de façon traditionnelle :
Le chef d’équipe ne peut plus effectuer le traçage des côtes au niveau des banches parce qu’il est affecté exceptionnellement à l’équipe maçonnerie briques qui présente un retard important. Le chef de chantier doit s’en charger dans l’urgence et gérer en même temps ses autres priorités. Les compagnons sont contraints d’attendre afin de poursuivre le montage des banches.
Le chef de chantier doit également partir chercher des boulons. Il manque des rondelles pour le montage des banches. Les compagnons ne peuvent pas terminer leur assemblage pour la pointe.
Le chef de chantier et les compagnons décèlent un problème avec les garde-corps des banches au niveau des canes et des poutres. Ils ne parviennent pas à mettre en place le dispositif de sécurité. Ils ne connaissent pas ce type particulier. Le chef de chantier doit donc appeler le service correspondant pour obtenir le mode d’emploi.
Les compagnons ne retrouvent pas tout de suite les étais tire-pousse dont ils ont besoin. Ils doivent les rechercher sur le chantier.
Ces incidents multiplient le nombre de déplacements. Il faut chaque fois que les compagnons descendent des banches, changent de niveaux certaines fois, accrochent à la grue ce dont ils ont besoin et remontent à leurs postes de travail. Ils prennent du retard et créent une gêne également pour les autres équipes lorsqu’ils mobilisent la grue. Ils travaillent dans l’urgence pour être fin prêts lorsque la toupie de béton arrivera. Ils s’exposent au risque d’accident en travaillant dans de telles conditions. Les difficultés sont essentiellement gérées en temps réel et peu anticipées en terme de matériel, de matériau disponibles, de compétences requises. L’accent est mis sur la prouesse technique du chef de chantier et de l’équipe pour réaliser de telles pointes en béton, sur l’exactitude des calculs lors de la conversion des angles en longueur pour le traçage dans les banches.